L’histoire d’amour secrète entre le vin et les stars de la NBA

La scène serait digne d’un road movie : vous traversez des kilomètres de pavés à travers une forêt de chênes sans réseau, quand soudain apparait une grande porte en métal. Et très vite 60 membres de la franchise des Cavaliers de Cleveland sortent de bus pour se rassembler autour de tables et déguster des flûtes de Dom Pérignon 2006. On est à Mayacamas, un des vignobles les plus emblématiques de la Napa Valley. Un vignoble malheureusement détruit pas les flammes des derniers incendies en Californie. Depuis, aucun groupe n’avait été accueilli avant les Cavaliers, emmenés par Lebron James, à deux jours de son 33e anniversaire. Une fois passé le toast au champagne, le groupe est invité à déguster la cuvée de Chardonnet 2015. Le vigneron de Mayacamas, Andy Erickson, présente ce vin en expliquant sa fierté d’avoir un Chardonnet qui se différencie autant de ceux de la Nappa Valley, c’est-à-dire sans ses notes de beurres habituelles. On invite les Cavs à donner leur ressenti. « C’est comme du beurre » rétorque un Smith taquin. Fou rire, c’est du classique J.R. . Finalement, les joueurs se dirigent vers la cave où on leur explique, étape par étape, le processus de vinification. Les questions fusent, notamment sur la différence entre les vins produits en montagne et ceux produits en vallée, sur les meilleures pratiques pour garder sa cave dans les meilleures conditions ou encore sur les différences de prix entre certains vins. Au final, Carissa Mondavi, viticultrice et petite fille du pionnier californien Robert Mondavi voit vite des raisons à une telle curiosité : les joueurs de la NBA sont le produit des heures passées à perfectionner tant de détails cachés pour arriver au moment où le ballon est lancé en l’air. Le vin est le produit d’une multitude de variantes comme le temps, le sol, la récolte, les futs, les mélanges… pour arriver au jour où le bouchon est retiré de la bouteille. Joueurs de NBA, vin : des heures de travail et d’innombrables détails que personne ne voit.

 

Les Cavs visitant Mayacamas, credits to Courtesy Macamas

 

Les anecdotes concernant une relation entre le vin et les stars de la NBA pullulent : Jimmy Butler voyage toujours avec un étui à vin, qu’il a même emporté aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 avec des bouteilles de Pinot noir. Stephen Curry, le meneur des Warriors, est un fan de Bordeaux, tandis que Kevin Durant évalue toujours son vin à la lumière des mets qui l’accompagnent, étant très curieux des facteurs qui affectent le vin. Ceci dit, il adore un Pinot noir riche et corsé après un match. Dwayne Wade a commencé avec du Riesling il y a des années à Miami, et a maintenant lancé son propre millésime avec un rouge, et on parle d’un rosé à venir. Chris Paul quant à lui, adore le Pinot noir, participe à des dégustations à l’aveugle et va toujours visiter des vignobles pendant les récoltes. Certains se rappelleront de cet événement en plein match contre les Warriors en 2015 : en pleine remontée de balle, il crie à un homme sur le côté du terrain de lui apporter un bon vin. Cet homme ? Juan Mercado, fondateur de la cave Realm, dans la Nappa Valley.

Et puis il y a Carmelo Anthony. Intrigué par le vin en 2007, quand il jouait pour les Nuggets, il commença vite à s’approvisionner chez un caviste de Sacramento, savourant les premiers millésimes de Dominus ou de vieux Petrus. Il commença vite les dégustations à l’aveugle, et se targue rapidement d’être capable de jumeler le vin avec n’importe quel plat. Aujourd’hui, Anthony voit une vraie tendance au vin dans le monde de la NBA. Quand il a rejoint les Knicks de New York en 2011, il a commencé à assister et à organiser des dîners à New York avec d’importants collectionneurs, dont certains ont des caves estimées à plusieurs millions de dollars. Le mot d’ordre : apporter une des meilleures pièces de sa cave. En 2014, il assiste à l’un de ces dîners. Face à des grands crus des années 50 ou 60, il choisit un Dom Pérignon Brut Rosé des années 90s. A la fin de la nuit, il y avait un concours pour sélectionner la meilleure bouteille. Et alors ? la bouteille d’Anthony a été placée dans le top 3. Comme il le prêche, chacun doit « trouver son propre palais, comprendre ce qu’il aime ». Là où tous apportaient de la chaleur, lui apportait quelque chose de frais, de chic, qui allait dénoter du reste.

Les super stars de la NBA entretiennent une vraie relation d’amour avec le vin.

Si l’on vous demande qui connait le mieux le vin à Cleveland, n’en jetez plus, c’est la superstar Lebron James. Wade explique d’ailleurs que c’est toujours lui qui choisit le vin lors des sorties. Car si c’est une légende du basket pour le grand public, pour ses coéquipiers, c’est aussi une légende d’œnophilie. « Lebron a un ordinateur à la place du cerveau » quand il s’agit de vin, explique Kevin Love. Il a une mémoire incroyable. S’il passe dans un vignoble qui a des champs de lavandes autour, il peut mettre son nez dans le verre de vin trois ans plus tard et sentir la lavande. Il suffit d’ailleurs de parcourir son compte Instagram pour se rendre compte de sa passion du vin.

 

Compte instagram de Lebron James, credits to kingjames

Il existe encore des dizaines d’anecdotes qui lient les stars de la NBA et le vin. Ceux-ci ne sont pas seulement des collectionneurs qui achèteraient les bouteilles les plus chères : Ils sont de vrais connaisseurs, avec des goûts affirmés et propres à chacun d’eux. Cette love story entre les basketteurs et le vin s’explique par un trait commun majeur : le souci du détail.

Ecrit à partir de l’article de ESPN

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